9 mois en Roumanie

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Du 6 juillet 2011 au 31 mars 2012, j'ai été volontaire dans la fondation culturelle Zamolxes, dans la petite ville de Câmpina en Roumanie. Mon histoire, je l'ai écrite noire sur blanc durant ces neuf mois, et en voici les bribes :

Au début : L'avion - Mercredi 6 juillet 2011

Les aéroports sont à la fois un lieu rempli de joie et de tristesse, de départs et d'arrivées, d'adieux et de retrouvailles.
Me voici donc en route pour Câmpina. Bien que je sois assise dans cette avion qui survole déjà le continent, j'ai du mal à réaliser ma situation. Neuf mois, c'est parti.
La vie est faite de mystères, d’inattendus et de hasards. On est là, on ne sait pas à quoi s'attendre. On ne sait pas ce qui arrivera, on ne sait pas quels lieux vont s'offrir à nos yeux, quelles couleurs, quelles odeurs vont emplir nos sens.
Pourtant on y est, entouré de personnes avec qui l'on voyage le temps d'un vol et qu'on ne reverra jamais. Des personnes qui vont à la même destination, le même jour, mais qui pourtant n'ont rien d'autre en commun. Pas le même passé, pas les mêmes rêves, ni les mêmes ambitions et la même chose à accomplir une fois l'avion au sol. Des chemins qui se croisent et fuient dans des directions opposé, une fois seulement, aujourd'hui.
J'ai l'impression que jamais je n'atterrirais, que l'avion va continuer de planer pendant des heures, pendant des jours, à l'infini.

Les premières impressions - 7 juillet 2011

Hier, juste à mon arrivée à l'aéroport, j'ai été accueillie par Florin et deux autres volontaires, Beatriz et Émilie. Beatriz est espagnole, plutôt petite, les cheveux longs et noirs. Elle porte des lunettes. Émilie a les cheveux châtains et elle parle aisément, ce n'était pas un problème pour m'intégrer.
Nous avons pris un taxi directement en sortant de l'aéroport, direction Ploesti pour faire quelques courses. J'ai été surprise de voir, sur la route, des bancs installés devant chaque maison mitoyenne où sont assises les mamas Roumaine qui contemple les mouvements de la rue.
Les maisons sont différentes de ce que nous voyons en France. Beaucoup sont plutôt basses et petites, colorées de rouges, oranges et jaunes.

En dormant hier soir, j'avais l'étrange sensation qu'en me réveillant, je serai de retour chez moi. Je ne sais pas si je vais tenir pendant neuf mois. Tout est différent ici.

La journée fût excellente. Nous sommes allés au centre à 10h pour organiser la salle et accueillir les journalistes. Cheveux gras et à peine maquillée, j'ai été filmée et j'ai répondu à quelques questions en anglais. J'arrive à m'exprimer et à me faire comprendre, c'est le principal !

Nous avons crées une affiche pour la soirée Karaoké du 16 juillet. Nous l'afficherons dans les rues de Câmpina. Nous avons été assistées par deux garçons Roumains, dont un plutôt mignon et sympathique. Un grand brun.
Florin a dit que nous irons à Istanbul et en Pologne ! Ah, ce serait tellement merveilleux.
J'ai l'étrange sentiment que tout est parfait. Je me plais déjà ici, même avec la barrière de la langue. Il fallait vraiment que je parte. Je crois que c'est la seule chose qui peut me rendre heureuse; voyager.

- 11 juillet :

Ce matin, j'ai commencé à planifier les activités que je vais faire au centre. Une jeune femme Moldave est venue, elle parle Roumain, Russe, Anglais, Allemand et Français.
J'ai eu mon premier cours de Roumain hier ! C'est excitant d'apprendre une nouvelle langue.

Les découvertes - 18 juillet 2011

J’avais planifié d’aller à Bucarest aujourd’hui, puisque qu’ayant “travaillé” samedi, j’avais mon lundi de libre.
Avec Beatriz, nous nous sommes rendues pour 10h45 à la station d’autobus de Campina.
Je me suis amusée avec des petits chiens, il y en avait partout et ils étaient réellement adorables !
À force de marcher à Bucharest, la semelle de ma chaussure s’est décollée. Je me suis retrouvée là, l’air bête, à ne pas savoir quoi faire et à ne pas pouvoir avancer.
J’en rigolais parce que la situation était ridicule, bien que ça m’embêtais pour mes chaussures car ce sont mes préférées. J’étais dans la rue en chaussettes, et je me suis mise à arpenter la capitale ainsi, à la recherche urgente d’une paire de chaussure de secours.

C’est magique de se balader dans une ville qui nous est totalement inconnue, où nous n’avons aucun point de repères, aucun point de chute, d’être livré à soi-même et de tout découvrir à chaque pas. Bucarest est une ville à différents visage, certaines places, notamment le centre historique, sont vraiment très belles, mais pour le reste, il s’agit de blocs de bétons, marquant la triste période de la dictature de Ceauşescu.

- 31 juillet : Arrival Training à Predeal

On a chanté "Frère Jacques" quand on marchait dans le noir. Les gens ont fait demi-tour par peur des ours. Konstantina connait Beirut. Je mange trop. Je pense aux jeunes de Ham Radio. Le français a critiqué mon style. Je n'ai pas de vêtements pour contrer le froid. Les chiens ont voulu nous attaquer. Je déteste partager une chambre.
C’est fou de constater qu’on a l’impression de connaître depuis dix ans des personnes qu’on connaît depuis une semaine à peine.
J’ai eu l’occasion de faire la fête, de danser, de rire, mais aussi de découvrir Brasov, une cité médiévale non loin de Predeal. J’y suis allée après le training, accompagnée des personnes qui étaient avec moi la semaine durant.
Ce fût une magnifique journée, Brasov est une très belle ville. Seuls les adieux ont noirci ce tableau idyllique.
J’espère vraiment avoir l’occasion de tous les revoir. Chacun d’entre eux, si différents qu’ils soient, si uniques, sont tout autant extraordinaire. C’est dans ces moments là que je crois en l’être humain, et que je reste persuadée que les Hommes sont bons.
On ne peut jamais être sur que nos chemins se recroisent un jour. Seuls les souvenirs restent et demeurent, dans la mémoire de chacun, inébranlables. Et ce sont ces souvenirs qui nous lient les uns les autres pour toujours, quoi qu’il advienne.

- 6 septembre :

Aujourd'hui avec Bea nous sommes allées à l'orphelinat pour voir un show organisé par une troupe de gens incroyables, The Flying Seagull Project.
Ils vivent dans une sorte de camion/roulotte, ils sont six et voyagent à travers la Roumanie depuis quatre ans. Bash, le leader, vient de Londres et nous a invité à prendre un thé dans la roulotte car Bea voulait l'interviewer. À l'intérieur, c'était un bazar de bibelots en tout genre, ambiance bohème et murs en bois; un moment magique où l'on apprend tant de choses en bavardant le temps d'un thé.

- 22 septembre : début des activités

Ce week-end nous devons cuisiner une spécialité de notre pays, puisque samedi soir de sont les 15 ans d'existence de Zamolxes. C'est dommage car il y a un festival à Sinaia le même jour, j'aurais voulu y aller.
J'ai commencé mon atelier; il y a six filles qui sont venues, je les ai faites travailler sur le portrait. C'est stressant d'enseigner, il faut toujours être créatif pour trouver des activités à proposer. J'ai aussi commencé à aider les professeurs de français dans les écoles. Je suis surprise de voir que je ne suis plus aussi timide qu'avant.

L'aventure - 2 novembre

Je m'en vais à Ploesti acheter mon Balkan Flexipass ! C'est décidé, en fin de semaine, je pars seule en direction de Veliko Tarnovo en Bulgarie. Ensuite, sur la lancée, passage à Plovdiv, puis Sofia. Je traverserai la frontière pour aller en Serbie à Belgrade et Novi Sad, pour retourner finalement à Bucharest. Dix jours dans les Balkans, dix jours d'aventure. Il faut vivre son présent, pour construire des mémorables.

- Youth Exchange, Pologne - 18 novembre

Au programme, activités et jeux pour apprendre à se connaître, parler du volontariat, écriture et mise en scène d’une pièce de théâtre sur le thème du volontariat, que nous avons joué dans le gymnase d’une école ainsi que dans un bar-restaurant.
Chaque soir, un pays représentait sa culture en cuisinant des plats traditionnels, en organisant des activités ou encore en visionnant des vidéos montrant les plus beaux endroits de leur terre natale.
Nous avons eu la chance d’assister à un concert de banjo, visiter des musées, se promener dans la ville et goûter à l’eau de source aux multiples vertus de la ville de Krynica, une cité avoisinant Piwniczna.

- À la fin : février & mars

Des rencontres magnifiques avec les volontaires d'Arad lors du Mid Term Training en février. Avec eux, j'ai voyagé en stop jusqu'à Sinaia, puis Sibiu où était organisée une rencontre entre volontaires. Nous avons créer des liens étroits, je suis allée leur rendre visite plus tard, depuis Câmpina : 500 km en auto-stop, une grande première pour moi, et une expérience mémorable.
Je veux les revoit. Je ne veux pas quitter cette vie, je refuse de devoir revenir à la réalité. Qui me comprendra une fois rentrée ? Qui pourra savoir qui sont Bella, Sanita ou Marina ? Qui pourra mettre un visage sur leurs noms ?
Il n'y aura que moi et ma mémoire. Je prie pour qu'elle ne me fasse jamais faux-bond.
Ne jamais oublier.
Ma vie commence seulement maintenant. Je ne connaissais rien, tout s'ouvre à moi jusqu'à présent. Je ferme maintenant ce journal e voyage en Roumanie. Je relirai son contenu dans quelques mois, quelques années. Des flashs-backs surgiront dans mon esprit, accompagnés de souvenirs et d'anecdotes. La vision d'une vie à 2000 km de la précédente, et combien de kilomètre de la suivante ?
Cette expérience m'a fait grandir plus que n'importe quelle autre. Je suis née à 20 ans, en Roumanie. La personne que je suis actuellement n'existait pas avant cela.

Fifth Edition

5While closing the 4th edition of Scriptamanent, after the final meeting in Izmir, we are already preparing the new call for the next edition of the project. Stay tuned!

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